Dr Cloé Cherif Vrignaud
Fondatrice de Doussia
Pharmacienne experte en SEC et phytocannabinoïdes/ formatrice en cannabis bien-être et médical/ spécialiste des troubles du sommeil diplômée de Harvard Medical School
Lorsque les douleurs de l’endométriose deviennent envahissantes, vous cherchez souvent des pistes plus douces, plus respectueuses de votre corps. Vous avez peut-être testé plusieurs traitements, parfois avec succès, parfois avec frustration… et vous vous demandez s’il existe des solutions naturelles complémentaires capables de vous apporter un vrai mieux-être au quotidien. Les approches sans médicaments attirent de plus en plus de personnes atteintes d’endométriose, que ce soit pour compléter un suivi médical ou retrouver une forme d’autonomie dans la gestion de la douleur, de la fatigue, du stress ou des troubles digestifs.
Découvrons des pistes concrètes pour apaiser votre quotidien et mieux comprendre ce qui peut vous aider à reprendre le contrôle.
Mieux comprendre l’endométriose
Avant d’explorer les solutions naturelles, vous avez besoin de comprendre ce qui se joue dans votre corps. L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique dans laquelle un tissu semblable à l’endomètre se développe en dehors de l’utérus. Ces cellules réagissent aux variations hormonales, créent un terrain douloureux qui peut toucher le bas-ventre, les intestins, la région lombaire, parfois même le diaphragme.
Les douleurs peuvent survenir pendant les règles, mais aussi à d’autres moments du cycle. Elles s’accompagnent souvent de troubles digestifs, de douleurs lors des rapports sexuels, d’une fatigue persistante et d’un retentissement sur la fertilité. La maladie pèse aussi sur la vie intime, la relation au corps et l’équilibre émotionnel. Beaucoup de personnes atteintes décrivent une forme d’épuisement psychologique lié à la répétition des crises, aux incertitudes et à l’impact sur la vie quotidienne.
L’errance médicale demeure fréquente : plusieurs années s’écoulent parfois avant un diagnostic, créant une accumulation de tensions physiques et émotionnelles. Les traitements médicaux (hormonothérapie et chirurgie) peuvent soulager, mais la maladie peut revenir dans les années suivant une intervention. Cela explique pourquoi tant de patientes recherchent des approches complémentaires pour soutenir leur bien-être.
Les approches naturelles pour soulager l’endométriose
De nombreuses femmes atteintes cherchent à compléter leur suivi médical par des pratiques plus douces. Ces méthodes ne guérissent pas la maladie, mais peuvent réduire les douleurs, améliorer la mobilité, apaiser le mental et rendre le quotidien plus vivable.
Sophrologie : une aide pour la douleur et le stress
La sophrologie se concentre sur la respiration, la détente musculaire et la visualisation. Lorsqu’une crise douloureuse surgit, le corps se contracte automatiquement : la respiration devient irrégulière, l’abdomen se rigidifie et la douleur augmente. La sophrologie aide à casser ce cercle en rétablissant un rythme respiratoire plus fluide.
Elle peut soutenir :
- La réduction des tensions liées à la douleur grâce à un travail respiratoire doux,
- La gestion du stress et des émotions,
- L’amélioration de la perception du corps lors des périodes sensibles.
Une pratique régulière peut offrir un espace de calme intérieur et aider à mieux traverser les pics douloureux.
Le CBD : un soutien naturel pour apaiser les douleurs de l’endométriose
Lorsque les douleurs pelviennes deviennent récurrentes, beaucoup de personnes se tournent vers le CBD pour compléter leur prise en charge. Ce composé naturel, extrait du chanvre industriel, se distingue par son absence totale d’effet psychotrope. Contrairement au THC, il n’altère pas la vigilance, ni l’état de conscience, ce qui en fait une option plus douce pour les personnes à la recherche d’un apaisement durable sans modification des sensations mentales.
Le CBD agit en interaction indirecte avec les récepteurs CB1 et CB2 du système endocannabinoïde, un réseau qui participe à la modulation de la douleur, de l’inflammation, du stress et de l’équilibre nerveux. En soutenant ce système, le CBD pourrait contribuer à mieux réguler les signaux douloureux et à apaiser la tension présente dans le bassin ou le bas-ventre.
Les recherches scientifiques s’y intéressent de près. Plusieurs travaux précliniques mettent en avant des propriétés analgésiques, anti-inflammatoires, anxiolytiques, antispasmodiques et même neuroprotectrices. Ces pistes sont particulièrement pertinentes dans un contexte où les douleurs sont multifactorielles : inflammatoires, nerveuses, musculaires et émotionnelles.
Une étude menée en 2025 par Till, S.R. et al. (Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada) apporte un éclairage intéressant sur l’expérience des patientes. Les auteurs ont observé que des femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques (incluant des personnes atteintes d’endométriose) perçoivent un soulagement notable grâce au CBD.
Dans le cadre d’un quotidien rythmé par les cycles douloureux, le CBD pourrait aider face aux douleurs de l’endométriose et donc représenter un allié supplémentaire pour réduire l’intensité des crises, favoriser une détente plus globale et aider à mieux gérer les périodes de stress associées à la maladie.
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Kinésithérapie et ostéopathie : retisser la mobilité
La kinésithérapie et l’ostéopathie figurent parmi les approches recommandées par des instances médicales pour apaiser les douleurs persistantes. En cas d’endométriose, le bassin, les muscles profonds et les organes voisins perdent parfois en mobilité à cause de l’inflammation, des adhérences ou d’une chirurgie antérieure.
La kinésithérapie pelvi-périnéale peut aider en cas de douleurs lors des rapports sexuels, en travaillant sur le relâchement des muscles contractés. L’ostéopathie vise pour sa part à redonner de l’espace aux zones comprimées, à fluidifier le mouvement et à apaiser les tensions nerveuses.
Ces séances, lorsqu’elles sont bien encadrées, peuvent diminuer la sensation de blocage dans le bas-ventre et réduire l’intensité des crises.
Yoga et activité physique douce : bouger sans déclencher la douleur
Le yoga attire de nombreuses personnes atteintes d’endométriose pour une raison simple : ses postures douces, centrées sur la respiration, épaulent le relâchement du bassin et de l’abdomen. Quelques travaux de recherche montrent une diminution des douleurs pelviennes chez celles qui pratiquent régulièrement.
L’activité physique douce (marche lente, natation, vélo à intensité légère) soutient le moral, le sommeil et la réduction du stress. L’objectif n’est pas la performance, mais la régularité. Avancer à son rythme, respecter ses limites et adapter les séances en fonction du cycle restent les clés d’un équilibre durable.
Médecines douces : une complémentarité possible
Certaines pratiques reconnues pour leur intérêt potentiel peuvent accompagner la gestion des symptômes. Elles ne remplacent jamais un suivi médical, mais peuvent aider à mieux vivre les périodes pénibles.
L’acupuncture, par exemple, agit sur les points énergétiques liés à la douleur et au stress. L’ostéopathie a déjà été évoquée plus haut pour sa capacité à améliorer la mobilité. Ces pratiques nécessitent un praticien formé aux problématiques gynécologiques.
Application de chaleur : un geste simple mais efficace
La bouillotte est souvent décrite comme un « refuge » lors des crises. En appliquant une chaleur douce sur le bas-ventre, les muscles se détendent, la circulation s’améliore et la douleur peut diminuer. Beaucoup de personnes utilisent ce geste au quotidien, particulièrement les jours de règles.
Une exposition d’environ trente minutes suffit pour ressentir les effets sans risque de brûlure.
Alimentation et nutrition : un levier possible pour l’inflammation
L’alimentation joue un rôle potentiel sur le niveau d’inflammation. Même si les preuves ne permettent pas encore d’établir des recommandations universelles, plusieurs pistes se dessinent.
Une alimentation axée sur des fruits et légumes biologiques, des céréales complètes, des légumineuses, des sources d’oméga-3 et des cuissons douces apporte des micronutriments qui soutiennent la régulation de l’inflammation. Certaines personnes observent une amélioration en diminuant ou supprimant le gluten. D’autres notent une réaction aux produits laitiers ou à la viande rouge, mais la littérature scientifique ne propose pas encore d’avis tranché.